Question 32 of 39
Les séances de matinée, au cinéma, me comblaient. Elles me donnaient le courage d'affronter la curiosité des uns et des autres. Elles ne m'éloignaient pas longtemps de mes enfants. Je m'asseyais à ma place, avec de moins en moins de gêne, au fil des mois. Le cinéma, quel dérivatif puissant à l'angoisse ! Films intellectuels, à thèse, films sentimentaux, films policiers, films drôles, films à suspense furent mes compagnons. Je puisais en eux des leçons de grandeur, de courage et de persévérance. Ils approfondissaient et élargissaient ma vision du monde, grâce à leur apport culturel. J'oubliais mes tourments en partageant ceux d'autrui. Le cinéma, distraction peu onéreuse, peut donc procurer une joie saine. Mariama Bâ, Une si longue lettre
