Question 31 of 39
Le philosophe Glenn Albrecht a deux passions : observer les oiseaux et inventer des mots. Son goût de la langue lui vient de sa mère, « femme au foyer, qui adorait les mots croisés et le Scrabble ». Mais si l'homme, 67 ans ce mois-ci, se régale à créer des néologismes, il y voit aussi une stratégie politique. « Ce que nous faisons subir à la Terre est sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Cela crée en nous des émotions pour lesquelles nous n'avons pas encore de mots. Or, si nous voulons agir, il faut pouvoir les décrire précisément », affirme-t-il. Une assertion que ne démentira pas le philosophe français Baptiste Morizot, pour qui « les néologismes sont des cartes pour explorer autrement le monde qui vient ».
