Question 11 of 36
Cent euros devant, cent dix euros derrière
Cent euros devant. Cent dix euros derrière. Cent vingt euros devant. Cent vingt euros? Adjugé à l’acquéreur 14! Le marteau du commissaire-priseur s’abat d’un coup sec sur la table. Venus pour la traditionnelle vente aux enchères de La Poste, des centaines d’amateurs de bonnes aubaines prennent place dans la salle des Charruauds à Libourne: particuliers aussi bien que professionnels, vendeurs sur les marchés ou propriétaires de boutiques. Sous leurs yeux, un étrange bricà-brac composé d’appareils électroménagers, de vêtements, de livres et d’objets divers attend preneur dans des cartons ou des containers. « Ici c’est comme dans un magasin: on voit, on paie et on emporte tout de suite », résume Alain Gaillard – Midol, le chef d’orchestre de cette vente insolite. « La quasi-totalité des produits sont neufs. Ils sont tous écoulés au profit de La Poste ». Quatre fois par an, le service client courrier fait appel aux Domaines pour mettre en vente le contenu des colis n’ayant pas trouvé de destinataires en raison de l’illisibilité de l’adresse ou de la détérioration de l’emballage. Véritable caverne d’Ali Baba, les réserves du service renferment les trésors les plus insolites: de la porte de frigo au moteur ULM, en passant par l’urne funéraire ou les amortisseurs de camion. Avant d’être stockés là, ces paquets en attente ont été « croisés » grâce à un système informatique avec les demandes des clients ayant déposé une réclamation pour perte. Ils ont ainsi été conservés quelques mois pour laisser aux intéressés le temps de se manifester. Les objets non restitués malgré ces démarches sont regroupés en lots à l’issue de leur délai de garde, en vue des prochaines enchères. « Lorsque nous confions aux Domaines les objets dont nous n’avons pu retrouver les propriétaires, c’est toujours une forme d’échec, avoue le responsable du service recherche courrier. Mais les enchères nous permettent de faire de la place pour ne pas crouler sous les stocks. » L’an dernier, le produit des ventes s’est chiffré à 276 000 euros, placés sur un compte du service public. Sans compter les centaines de kilos de conserves et de denrées non périssables ou de médicaments aiguillés vers des œuvres caritatives.
