Question 31 of 36
Le pari du faire creuset de la révolution du travail
Venu des Etats-Unis, le mouvement des « makers » réinvente une production collective dans des organisations non hiérarchisées, porteuses du “bien commun “ La révolution numérique n’en finit pas de bousculer nos pratiques et nos représentations du travail. L’ubérisation de certaines activités professionnelles est l’une des manifestations, sans doute la plus évidente aux yeux de tous, de ce que les technologies de la communication peuvent faire au travail. S’il y a bien lieu de nourrir de multiples craintes, le pessimisme n’est pourtant pas nécessairement de mise. La preuve nous en est apportée par le dynamisme du mouvement « faire », dont l’impact est chaque jour grandissant. Le « faire », traduction du make anglais, désigne un travail qui trouve en lui-même sa propre finalité. Ce type de pratique se donne à voir dans des espaces aux noms variés, où n’importe qui peut venir fabriquer librement à peu près n’importe quoi. Le deuxième enjeu que porte avec lui le mouvement « faire » est la mise à l’épreuve de techniques de production qui alimentent un nouveau paradigme industriel. Machines numériques, découpeuses laser ou imprimantes 3D, les outils qu’affectionnent les “makers” permettent de localiser la fabrication jusque chez les particuliers et d’adapter sans surcoût la production aux fluctuations quantitatives et qualitatives de la demande. Une façon de recréer du commun: L’enjeu n’est pas que technique ou économique. Les makers inventent aussi une façon de recréer du commun. Ils pratiquent, sur un mode collaboratif, le partage des savoirs et des savoir-faire, selon des règles qui bousculent les droits de propriétés traditionnels. Le copyleft (« droit à la copie »), les créatives commons (licences gratuites permettant de faire sans contrefaire) … constituent autant de pièces originales qui composent un modèle appelé à durer. Lire aussi: https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Culture_make
