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Le Syndrome du Tweet
La sociologue Monique Dagnaud a récemment publié sur le site de la plate-forme de débats Telos une intéressante analyse du phénomène Twitter. Elle y donne d’abord quelques indications statistiques sur les adeptes du gazouillis en 140 signes. Un internaute sur cinq aurait un compte Twitter. Il faut cependant pondérer ce chiffre par le fait que …..(1).……: ils se contentent de suivre les messages des autres mais ne participent quasiment pas aux échanges. Dans le même sens, elle indique que (….2….), ce qui confirme l’impression que les réseaux sociaux forment une « foule solitaire », selon l’expression que David Riesman avait forgée dès 1950 dans son maître ouvrage dépeignant l’avenir des sociétés modernes. « Les twittos soliloquent plus qu’ils ne dialoguent », souligne Monique Dagnaud comme pour enfoncer le clou d’une illusoire communauté. Un aspect plus surprenant du phénomène est sa connotation plutôt professionnelle. Le profil type est un internaute de la région parisienne, assez jeune, travaillant dans les médias et maîtrisant donc bien les codes de ce nouveau monde. Mais la partie la plus forte de l’analyse, et aussi la plus préoccupante, concerne le contenu des messages. (….3….) On peut, bien sûr, estimer banal que, en période de crise, de chômage et de dérive comportementale de certains membres de l’élite, une telle tonalité soit prédominante. Mais est-ce la seule cause? Il faut sans doute aller chercher aussi du côté d’une explication chère à Régis Debray: la forme du message influence le fond. Ses ouvrages en ont fait une démonstration éclatante à propos du passage de l’écrit vers l’image, du livre vers la télévision. L’émotion suscitée par l’image se substitue nécessairement à la réflexion portée par le livre. Il est probable qu’(….4…): en 140 signes, on est naturellement porté au simplisme et le simplisme porte à son tour vers la polémique voire l’invective. Ce ne serait donc pas le fond de (….5…)
