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L’université au-delà des querelles
S’aborder sa langue au nom de la compétition universitaire internationale? Nombreux sont les pays qui ont dû se poser la question. En France, l’idée d’introduire des cursus entièrement en anglais à l’université n’en finit plus de faire des vagues. Elle a beau être la destination des jeunes gens étudiant à l’étranger, la France voudrait attirer encore, notamment les étudiants des puissances montantes, prendre toute sa part dans la formation des futures élites mondiales et assurer le rayonnement du pays quoi que l’objectif final soit commun à tous, on se déchire sur les moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre face à une réalité que personne ne conteste-la suprématie de l’anglais dans les échanges internationaux et dans le monde de la recherche en particulier. Deux visions s’affrontent. S’ouvrir car la connaissance n’est pas une denrée périssable qui se flétrirait au contact de l’extérieur ou qui s’éteindrait une fois traduite en anglais, ou résister pour éviter que d’ici quelques décennies l’anglais n’ait envahit le quotidien, reléguant ainsi le français au statut de la langue folklorique parlée par une poignée de ringards. Si d’aucuns pensent que s’isoler de l’anglais reviendrait à empêcher la jeunesse d’entrer aisément sur la scène économique internationale; d’autres inquiètent de la probable dégradation de la qualité des contenus des cours à cause du niveau en langues parfois insuffisant des enseignants et étudiants français. Le corollaire, réserver ses cursus en anglais à une poignée de locuteurs bilingues, reviendrait à créer une nouvelle élite. Peut-être y va-t-il d’autres leviers à actionner avant d’imposer à l’étudiant français lambda un enseignant au rabais? Citons parmi d’autres, une meilleure promotion des formations, un accueil plus structuré, ou encore des coûts moins élevés, autant de pistes qui restent à explorer.
