Question 27 of 40
Les pilules du Net
Selon l’OMS, la moitié des médicaments vendus sur Internet relèvent de la contrefaçon. Les pilules du Net constituent une menace sanitaire réelle; certaines ont peu ou pas de principe actif, d’autres peuvent contenir des produits toxiques. À l’heure où des États comme l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas permettent un tel commerce, l’Union européenne joue-t-elle un jeu trouble au nom de la dérégulation? Pour les auteurs de cette enquête pour le moins troublante, il ne fait aucun doute que la transformation du médicament en simple marchandise favorise une telle dérive. Le marché sur Internet est visé, mais la modification des comportements est également à prendre en compte. Au moindre symptôme, le patient a recours à l’automédication, de plus en plus grâce au Net. Pour l’internaute, rien de plus simple que de commander sa dose de pilules depuis son salon. Partons sur les traces des médicaments: des producteurs en Ukraine, des conditionneurs en Allemagne, des hébergeurs aux Canaries, du stockage à Vanuatu, des comptes off-shore à Chypre. Les enquêteurs dressent un tableau plutôt noir: aucune traçabilité, une falsification de plus en plus sophistiquée, une corruption endémique, une réelle opacité du marché. Pour contourner les législations nationales, les sites s’installent à l’étranger. Avec un marché évalué à 45 milliards d’euros par l’OMS, les trafiquants et les mafias en tout genre s’emparent de cette nouvelle poule aux œufs d’or. Les représentants des industriels, souvent gênés par les questions des journalistes, ne soufflent mot. Les hébergeurs de sites de vente en ligne de médicaments bottent en touche. Les autorités sanitaires appellent à une prise de conscience mais semblent dépassées par les événements. Les saisies se multiplient mais le marché prolifère. La présidence actuelle de l’Union européenne a présenté un plan de lutte contre la contrefaçon pour les années à venir: il vise notamment à privilégier l’information à destination des consommateurs et la coopération douanière. Est-ce suffisant?
D’après Télé OBS
