Question 7 of 40
Un patrimoine à défendre
Paillasse, fougasse, couronne lyonnaise ou bordelaise… leurs noms fleurent bon la boulangerie d’antan. « À chaque région son pain », vantent les organisateurs de la fête du pain en France. Oubliées depuis l’après-guerre, ces spécialités régionales renaissent à nouveau, soutenues par la nécessité d’enrayer la chute chronique des ventes de pain. Au début du XXe siècle, on en mangeait jusqu’à 650 grammes par jour, soit quatre fois plus qu’aujourd’hui. Un phénomène lié à la diversité alimentaire du monde moderne mais aussi à l’abaissement de la qualité de cet aliment sous l’effet de sa standardisation. Le retour des formes régionales tenterait ainsi davantage de réconcilier les Français avec leur artisan boulanger que de renouer avec une tradition centenaire. Rétrospectivement, on tend à exagérer, idéaliser, sentimentaliser l’assise régionale du pain, note l’historien américain Steven L. Kaplan, qui juge l’apparition des pains spéciaux comme un bon levier marketing répondant avant tout à des paris commerciaux. Néanmoins, l’historien poursuit sa croisade pour le bon goût. Dans le journal Le Monde, il s’est livré récemment à un vibrant plaidoyer pour la croûte française cuite à point, dont la disparition marquerait un pas « vers l’américanisation, l’innommable pain mou, tranché, sous cellophane ». D’après Directmatin
