Question 32 of 38
LES BEAUCERONS
Les Beaucerons sont las du regard que l’on porte sur eux. « Ce que j’entends parfois, cela me hérisse le poil! », s’insurge Cyrille Richard, 33 ans, qui exploite 177 hectares avec son frère à Tournoisis (Loiret). Voilà une idée reçue à réviser, et des manuels de géographie à corriger. La Beauce était une sorte de Champs-Elysées agricoles, où les céréaliers roulaient en carrosse. Il y a maintenant des paradis agricoles plus luxuriants. C’est en Picardie et en Ile-de-France que l’on trouve désormais les plus vastes exploitations. La Beauce est même battue dans sa propre région, le Centre: on recense davantage de grandes surfaces de plus de 300 hectares dans le Berry, où la culture des céréales a poursuivi son offensive. Alors que la superficie moyenne d’une exploitation en France est de 42 hectares (soit le double d’il y 20 ans), elle est de 68 dans le Centre. Encore moins de paysans et plus de concentration des terres. On s’en doutait. Certes, il y a eu les départs à la retraite, mais la réforme de la politique agricole commune, qui a modelé les aides sur les superficies et les cheptels, a contribué à dessiner cette France des grandes surfaces. Cyrille Richard s’est installé en 2010 sur les deux tiers des 177 hectares qu’il cultive en location avec son frère. « Les gens ne voient leur survie que par l’agrandissement. Pour faire baisser vos charges de mécanisation, soit vous achetez du matériel en commun, soit vous vous agrandissez. Moi, je suis plutôt parti pour accroître la valeur ajoutée de ce que je possède aujourd’hui. Quand on est jeune, on a du mal à acheter des terres à 4 000 euro l’hectare », explique-t-il.
