Question 34 of 37
Des espions partout
« Des espions partout » Du sommet de l'État à notre employeur, tout le monde peut nous surveiller. Et personne n'est à l'abri... Vous soupçonnez votre mari d'avoir une maîtresse? Un micro-espion délicatement glissé au coin de sa boutonnière et vous serez fixée. La nouvelle nounou des enfants est-elle sérieuse? Un traceur caché dans le talon de sa chaussure vous permettra de vérifier qu'elle va bien consoler bébé quand il pleure. Vos employés prendraient-ils une pause-café sur leur temps de travail? Pour en avoir le cœur net, rien de tel qu'un joli stylo-micro comme cadeau de fin d'année. À Londres, où l'industrie de la surveillance a pignon sur rue, rien de plus facile que de se les procurer. Des épiceries de « l'espionnite » proposent ces gadgets à des prix accessibles à toutes les bourses. Aux États-Unis, Net Détective, un CD-Rom vendu pour la modique somme de 30 euros, ouvre à qui veut les portes du monde magique des dossiers médicaux, casiers judiciaires et autres données confidentielles. Le tout dans le plus strict respect de la loi. Pourquoi se gêner? Des pratiques encore plus sophistiquées ne sont-elles pas utilisées au sommet de l'État quand la sécurité nationale exige de surveiller les citoyens? Le flicage n'est plus l'apanage des seuls gouvernements mais une pratique dont nombre d'entreprises privées sont aujourd'hui aussi adeptes et qui pourrait devenir un mode de comportement banal dans les années à venir. Face à une violence émanant de plus en plus d'individus pris séparément et non plus de groupes politiques ou sociaux déterminés. Les États ont désormais tendance à considérer chaque citoyen comme un déviant potentiel. Aux grands maux les grands remèdes. Dans une petite bourgade de la banlieue de Londres, les rues sont constellées de caméras qui scannent les visages des passants et les croisent avec des photos de suspects connus des services de police. En France, malgré une réticence plus marquée que dans les pays anglo-saxons, 160 000 caméras surveillent tout de même les lieux publics. Mais ce n'est rien face aux outils déployés par de nombreuses entreprises privées. Comment s'étonner dès lors que la paranoïa gagne nos concitoyens?
