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Allumer la télé pour connaître ses origines
Le nouveau sport à la mode en Europe? Grimper aux arbres... généalogiques. Anglais et Français y sont particulièrement accros. En témoignent la multiplication de sites Web dédiés à cette quête identitaire ou encore l’affluence record, 15 000 visiteurs, de la 4e Biennale de généalogie, en décembre à Paris. Des deux côtés de la Manche, ce boom n’a pas échappé aux producteurs, prompts à avaler les tendances pour les régurgiter sous forme de concepts télé. Comme souvent, la BBC a ouvert le feu, aidée par des peoples. L’émission « Who Do You Think You Are? » (« Qui pensez-vous être? »), l’automne dernier, mettait en scène des personnalités lancées sur les traces de leurs ancêtres. Au final, de bonnes audiences, qui ont donné des idées aux chaînes françaises. Gérard Louvin reprend donc le format, rebaptisé « Tous cousins » et attendu fin juin sur France 2. « C’est l’occasion de redécouvrir les habitués des plateaux, qui ont déjà tout raconté chez Drucker », commente le producteur. De son côté, JeanPierre Pernaut cogiterait sur un pilote d’émission spéciale titrée « Comme un air de famille ». Il devrait en assurer la présentation avant l’été. La généalogie, alibi pour caser des célébrités en promo? Certes, mais pas seulement. Les chaînes ont aussi senti venir le vent de la « psycho généalogie », nouvelle thérapie fondée sur l’exploration de l’histoire familiale. De quoi faire frétiller le petit écran, friand de récits à valeur émotionnelle ajoutée. Le 13 mars, « Zone interdite » a déjà décrypté cet épiphénomène. Sur la BBC4, la série documentaire « Family Ties », (« Les liens familiaux »), en octobre, a suivi des anonymes dans leur enquête Trans générationnelle. Et dans leur découverte de secrets enfouis: frères et sœurs cachés, oncle Sangumane bébé assassiné. En Allemagne on va même jusqu’à placer devant les caméras des hommes et des femmes qui recourent au test ADN pour s’assurer des origines de leurs enfants. Mais le pire est à voir avec une émission américaine « qui est ton papa ». Une jeune femme adoptée à la naissance doit reconnaitre son géniteur parmi huit candidats. Si elle désigne le bon elle repart avec son paternel et gagne 100 000 dollars. On finit par se demander si la bonne question n’est pas « qui est ton papa? » mais « ça intéresse qui? »
