Question 38 of 40
L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like, de Guillaume Pitron. Après les routes pavées de l’Antiquité et les chemins ferrés de l’ère industrielle, quelles voies rendent nos actions numériques quotidiennes désormais possibles ? Pendant deux ans, le journaliste a suivi leur route pour nous ouvrir les yeux. Pour envoyer un simple like, nous déployons ce qui sera bientôt la plus vaste infrastructure jamais édifiée par l’homme, un royaume de béton, de fibre et d’acier, un inframonde constitué de datacenters, de barrages hydroélectriques et de centrales à charbon, tous unis dans une triple quête : celle de puissance, de vitesse et... de froid. L’industrie numérique a beau vanter son tribut positif à la préservation de la planète compte tenu des fabuleux leviers d’optimisation de nos méthodes agricoles, industrielles, « servicielles » qu’elle permet, la réalité est moins enchantée : la pollution engendrée est colossale, et c’est même celle qui croît le plus rapidement. Les chiffres sont édifiants : son empreinte est le triple de celle d’un pays comme la France ou l’Angleterre. Une course est désormais engagée entre, d’un côté, les entreprises du numérique qui déploient leur formidable puissance financière pour optimiser et « verdir » Internet, et de l’autre, des réseaux de défricheurs qui pensent qu’un autre numérique est possible. Les enjeux nous impliquent directement. Par quelles technologies de l’information voulons-nous en effet être accompagnés vers l’avenir ? Voulons-nous un réseau neutre et dérégulé, ou bien partial, voire liberticide, car n’autorisant que la production de data jugée essentielle ? D’après Le Monde
