Question 36 of 40
Le choc des générations, version portefeuille Certains sujets semblent inoffensifs. En réalité, ils heurtent les sensibilités et suscitent la polémique. Exemple parfait : les générations et l’argent. Écrire ces deux mots ensemble, c’est s’exposer à une avalanche de commentaires souvent très émotifs. Comme s’il existait un podium de la misérabilité où chacun veut la première marche ! Ce phénomène n’étonne pas le sociologue Charles Fleury, de l’Université Laval, pour qui le discours générationnel se construit toujours en comparaison avec les autres, en mettant l’accent sur ce qu’on n’a pas. Un discours de plaintes, finalement. Ainsi, des retraités (baby-boomers) ayant connu les taux d’intérêt à 22 % dans les années 1980 n’éprouvent aucune empathie pour les jeunes d’aujourd’hui qui paniquent devant le prix des maisons. À l’époque, on vivait sur un seul salaire, sans voyage en Europe, entend-on souvent. De leur côté, les milléniaux (29-44 ans) et les Z (dans la vingtaine) trouvent que les générations précédentes ont eu la vie facile : emplois permanents, régimes de retraite généreux, maisons abordables. Coincée entre les deux, la génération X (1965-1980) est quasi absente du débat public. Pourtant, dans le concours de la génération la plus malchanceuse, elle a clairement des arguments, comme le rappelle le sociologue.
